lundi 23 avril 2012

Les bristols



Bristols combinatoires à la belge
avec perspective de joute oratoire avec un bristol urbain

22 bristols de campagne

1. Le tracteur gris
2. Marcotter
3. Ensemencer
4. Sur le fumier
5. sur les chemins encaissés
6. de terre
7. d’œufs frais
8. Moissonner
9. Fier coq
10. Traire
11. vertement
12. comme une vache
13. Sarcler
14. Les escargots chagrins
15. à travers les pâturages
16. Traire
17. profondément
18. les doigts gelés
19. Couver
20. laborieusement
21. Moissonner
22. Les poulaillers pouilleux

Michèle 

Bristols (une version au hasard !)

(Thème : le printemps)

Sans y mettre les mains
Avec la force de celui qui veut naître
Se laisser dépasser
Jusqu'à l'année prochaine
Pour porter attention
A chaque recommencement
Choisir le meilleur
Attendre
Comme pour oublier l'hiver
Mais doucement
Sortir de la torpeur
Au petit matin avec la rosée
Semer
Déjà évaporé
Depuis quelques semaines
Puis soudain recommencer
Très agréablement
Plusieurs fois par jour
Dans chaque sillon
A la volée

Marie-Hélène
(Thème : liberté et expression)

A l'avenir
Semer
l'obscure clarté
Sans entrave
Rêver
Pour l'avenir
A l'infini
Ainsi
Parler
Eternellement
Pour un autre temps
Franchement
Comme un oiseau
Libre
Créer
Un monde meilleur
La lumière
raisonnablement
Le temps
La mort choisie
Partir
Plus rien
Philippe

Les sonnets de sonnettes


BRUXELLES EN SELLE
100 000 000 000 000 de Sonnets de Sonnettes

Voulez-vous savoir comment composer cent mille milliards de sonnets de sonnettes à Bruxelles ?

Admettons que la réponse soit oui ; voici donc comment composer cent mille milliards de sonnets de sonnettes à Bruxelles.

Rassemblez à Bruxelles un peloton de 10 cyclistes, sous la direction d’un Commissaire et d’un Éclaireur.

Le Commissaire et l’Éclaireur auront prémédité un trajet en quatorze étapes : autant que de vers dans un sonnet.

Au départ, à supposer que son Villo se détache de la borne magnétique, le Commissaire annonce un mot qui conclura le premier vers, par exemple « ville ».

Ce premier vers sera composé dans la tête de chaque cycliste au cours de la première étape.

À première vue, seulement 10 sonnets sont en chantier ; mais beaucoup plus on comprendra tantôt pourquoi.

Les rimes successives s’inspireront un peu du parcours, beaucoup de la verve du Guide ; par exemple : ville - file / tzar - bazar / sirène - freine (ou reine) / prison - horizon / antenne - ancienne / deux - feux / selles - Bruxelles.

Les vers sont transcrits sur un carnet chaque fois que le peloton s’arrête.

À l’instant où la sonnette du Commissaire tinte, le peloton repart.

Alors, moulinant du pédalier, les cyclistes composent dans leur tête le vers suivant.

Ce vers est noté quand le peloton s’arrête à nouveau ; et ainsi de suite.

Il ne faut pas écrire en pédalant.

Il ne faut pas composer quand le peloton est arrêté.

Le dernier vers est transcrit à l’arrivée.

Si par malchance le peloton perd un cycliste, c’est toujours un moment délicat de cent mille milliards de sonnets de sonnettes.

Mais comme tout finit par s’arranger à Bruxelles, on se retrouve tôt ou tard pour lire au choix un parmi les 10 premiers vers ; quelqu’un enchaîne sur l’un des 10 deuxièmes vers (100 distiques potentiels) ; ces 100 combinaisons précèdent indifféremment un quelconque des 10 vers suivants (1.000 tercets) puis des 10 suivants (10.000 quatrains), et ainsi de suite jusqu’au quatorzième vers : cent mille milliards de sonnets de sonnettes auront bien été composés le temps d’une balade à vélo.

Lors de la lecture, un carillon de sonnettes ponctue la fin d’un sonnet et annonce le suivant.

(d’après Jacques Jouet, « Poème de métro »)


Hermès aux pieds de marbre me dit : « C'est par là, ta ville ».
Une jeune vierge oulipienne et charnue invite à lire, le groupe attend, je file.
Mais, qu'allait-il donc faire dans cette galère, ce Tzar ?
Léopold II encore un barbu en djellaba, quel bazar !

La ligne de vie Peter, c'est que jeux de sirènes.
Sur son vélo devant l'académie, le schizo-freine.
Ô rimes, ô raison, cette tête est ma prison.
Surréalisme, la belgitude est ton horizon.

Marre-asthme, et malheur, ciel peuplé d'antennes.
Mon dieu, tout ça… c'est que d'l'histoire ancienne.
Alors regarde lui les yeux, les deux.

Elle a d'un demi-dieu le feu.
Quand elle brûle mes fondements, la selle.
Je m'souviens, t'étais si belle Bruxelles…


Daniel

Hermès au pied d’argile écume la ville.
Dans les bas-fonds de savantes vierges défilent.
Transi d’amour attendre la sortie du tsar.
Grelottant sur un étalon de bazar.

Peter & Pan de concert chevauchent la Sirène.
Éperdus on s’aligne devant Marguerite la Reine.
Un hibou poète lorgne le bleu de la prison.
Ivre de café, ça hurle « Terre à l’horizon ».

Sur le chemin de croix se dressent quinze antennes.
Dans un demi-sommeil on rêve d’un flou à l’ancienne.
Et joyeusement nous fîmes l’amour bien plus qu’à deux.

Jamais, lui dit-il, mon cœur ne brûla d’un tel feu.
Mais sans votre nez, vous descendrez marri de votre selle.
Celle qui à vos yeux tant augmente : la beauté de Bruxelles.


Jacqueline



Hermès au pied léger ou Villo à ville.
Je suis le vieil indien qui ne marche pas à la file.
Dans quel sens tourne la gidouille au tsar ?
Mariette était vendeuse au Grand Bazar.

Quelle ligne mélodique suit la sirène ?
Il demande à être élagué, ce pleureur frêne.
Il n'y a pas d'enjambement en prison.
C'est loin c'est bleu : horizon, c'est plat l'horizon.

Demander à Victor Serge de faire rimer antenne.
Avec un pot-au-feu mijoté à l'ancienne.
La loi permet aux cyclistes de rouler par deux.

Circulons en respectant mes illusions feues.
Saisissant mon vélo par le nez de la selle.
Du fond de l'océan des étoiles à Bruxelles.


Jean-Michel

Sur un vélo caduc, je dévale la ville.
Au parc, de chemins en bassins, je file.
Au fin fond, ma petite reine séduit un tsar.
Palais, parcs, écuries, statues : quel bazar !

Et quel pétard ! Klaxon, dringdring, sirène.
Rois, barons, comtes, mais pas la moindre reine !
Vite, des châteaux, descendons aux prisons.
Les geôles bruxelloises ouvrent l'horizon.

Le ciel strié de clochers et d'antennes.
Les jardins profusent d'espèces anciennes.
Les bicyclettes se reposent deux par deux.

On ignore le rouge de tous les feux.
Je suis bien posée sur ma royale selle.
En roue libre, à moi les parcelles de Bruxelles !


Marianne

J'arrive en ville.
Sans mon coupe-file.
J'embrasse le tsar.
Je me dirige vers le bazar.

Écoute ô sirène !
C'est l'anniversaire de la reine.
La reine va voir Verlaine en prison.
Verlaine n'a plus d'horizon.

Caressons-nous les antennes !
Souvenir de rimes anciennes.
Avec Arthur lent pas de deux.

On a brûlé tous les feux.
Temps de remonter en selle.
Et dire adieu à Bruxelles.


Marie-Hélène

On regarde vers Athènes et vers toutes les villes.
Les guerriers s'éparpillent puis ils se mettent en file.
La banque s'est cachée en ignorant le tsar.
Malgré toutes les couleurs c'est bien le grand bazar.

Les remparts se fissurent entraînant les sirènes.
Certaines voix s'élèvent, il est temps que l'on freine.
Nos pulsions sans limites, nos pensées en prison.
Il faut lever les yeux et scruter l'horizon.

Même si on y voit plus de cent mille antennes.
Il faut s'imaginer comme c'était à l'ancienne.
Un soleil, une lune, un gros nuage ou deux.

Tout ce qui nous importe est de garder le feu.
Chacun son mot, chacun son tour, chacun sa selle.
À l'impossible nul n'est tenu sauf à Bruxelles.


Marie-Hélène

S'effilochent les drapeaux et gerbent les eaux de la ville.
Gisent les statues, sur le boulevard la vie défile.
Du passé faisons table rase, mort au tsar !
Pattes en l'air, pattes en terre, Léopold, quel bazar !

Il traverse le boulevard et dans l'écurie rejoint six reines.
D'un regard dans l'entrejambe de Peter, une belle hésite et freine.
Tant de concurrence et le cœur en prison !
Il me reste à me porter vers d'autres horizons.

Ainsi va l'amour, les peines finies se dressent les antennes.
La passion présente gomme les amours anciennes.
Et on se vautre à quatre et on se vautre à deux.

La vie s'avale, se boit toute flamme tous feux.
À peine levé on se réchauffe une soupe au vermicelle.
Quand me feras-tu des choux de Bruxelles ?


Philippe

Flottent les drapeaux aux frontons des palais de la ville.
Dans un grand et paisible écran de verdure où les gisants défilent.
Au fil de l'histoire c'est dans cette fontaine que s'épanche le tsar.
Un corbeau dépèce une tartine loin du boulevard et du bazar.

Fermons les yeux dans le calme du parc où s'estompent les sirènes.
Écoutons la flûte de Peter Pan juché sur un tronc de frêne.
Que ces trilles puissent réchauffer Verlaine en prison.
Dans l'obscurité des trappes s'assombrit l'horizon.

La vie s'écoule avec la lenteur d'un escargot sans antennes.
Et les pleurs se taisent sur les briques anciennes.
Mais si c'est à chaque jour sa peine encore faut-il être deux.

Et les rues sont longues la nuit quand clignotent les feux.
Alors on prend un verre, deux, d'autres pour se remettre en selle.
Laissons-nous griser par les belles de Bruxelles !


Philippe

Qu’on se le dise et dise : que de mieux que la ville.
Bruxelles comme modèle d’ainsi, qu’importe les files.
Le fait d’engins fumeux ou non et rois et tsars.
La ville comme on l’a vue - c’est un fameux bazar.

La mouille est ici pluie et non mer à sirène.
Pourtant des sirènes, y en a, faut qu’on freine.
Des sirènes, loulou de Cabaret… puis prison !
À vous, compère : perdez pas de vue l’horizon.

Qu’il en soit ainsi, ou recours à l’antenne.
L’antenne porteuse trouble des vérités à l’ancienne.
Peu chaut d’y croire là, elles peuvent être encore deux.

Ou : plus et plus qu’y voir, le trop plein mit pleins feux.
Toujours y veiller fort, car il le faut, être en selle.
Tout pourtant a une fin, sauf, qui sait, à Bruxelles.


Robert K

Athènes des pinceaux là-bas pointe la ville.
Où puiser ? Aux bas-fonds le peloton défile.
Pressé le prince Orange a dépassé le tsar.
Qu'affiche Léopold, la barbe ou le bazar ?

Monsieur nommé de Ligne a pêché la sirène.
D'homme aux nougats givrés Yourcenar soit la reine !
Septante-trois Verlaine honora la prison.
Geert Van Bruane assis aplatit l'horizon.

Découvre-toi passant : ni le chef ni d'antenne.
Tout déférent salue une Belgique ancienne.
Là s'il compte ses pieds, Pochet s'arrête à deux.

Lacan brûlait là quand gicla le dôme ô feux !
Moulinent sept vélos, quatorze arpions sous selles.
Remémoration d'amicale Bruxelles.


Robert R
Photos : Philippe Clément - Marie-Hélène Lemoine

vendredi 20 avril 2012

Découverte de Bruxelles en compagnie de

On imagine qu'un personnage célèbre fait la même visite que nous :
 
Bruxelles vu par…

Lacan

Lacan finira par être un panseur à succès
Lacan fera ainsi paraître ses libres pensées à Bruxelles
Lacan a longtemps séché sur son sujet
Lacan interroge l’art du comic-streap
Lacan louange le trop comique du street art
Lacan n’a ni dieu ni maître ; il déteste l’armée
Lacan a pour guide Obêtre, sécheur de larmes et
Lacan ausculte le langage sur la peau des murs
Lacan exulte à l’appel de l’appeau des mots*
Lacan fait gaffe aux graffitis ici
Lacan tombe à Cobra raccourci sur Kouba le massaï
Lacan s’active Houba Houba Kaï Kaï
Lacan tag à tag tsoin tsoin
Lacan hébété confond bédé et faconde scriptée
Lacan écrit dans sa tête ce qu’on écrit sur ces murs
Lacan ivre de mots livre son livre de maux
Lacan met sa griffe sur les graphes
Lacan s’agrippe aux murs gris sale
Lacan signe son nouvel opus dans les flaques
Lacan soigne la laque des signes
Humm…Humm…Huumm…
Lacan les vacances ?”**

*Véronique Pestel
**un Papou (dans la tête)
Valérie
Mélanie
 
Horta a envie de sortir de sa belle maison.
Horta se lasse de ses ferrures végétales, il veut voir du neuf.
Horta rencontre son ami Pierre, l'orbêtre effaceur de chagrins, résistant de la première heure.
Horta lui désigne du regard de vagues traces de peinture sur un beau mur de pierre.
Horta s'offusque tandis qu'un marmot résistant passe en floppant du caca-boulette.
Horta s'interroge : sous les traces il lit cobra, cela aurait-il un sens ?
Horta est entraîné dans les sens et contre-sens des grafeurs arpenteurs de ville.
Horta admire le cœur bombé par Pierre pour sa bien-aimée, il pense « encore des courbes, pourquoi ces couleurs-là ? »
Horta alors s'interroge. « Que dira-t-on de mes enchevêtrements botaniques de métal vert après moi ? »
Horta les imagine s'envoler pour se poser sur les murs saint-gillois.
Horta aurait aimé peindre cette petite danseuse bombeuse, jupe blanche en corolle.
Horta repense au défi qu'il s'était mis : abolir la néo-renaissance flamande.
Horta se demande si les grafeurs aussi défient un art installé.
Horta n'en a pas fini de s'étonner, les messages laissés aux passants lui parlent, particulièrement celui-ci : « ils ont écrit dans nos têtes, nous écrivons sur vos murs ».
Horta s'amuse des jeux fuite-poursuite grafeurs-policiers.
Horta sent monter en lui le désir d'accompagner Pierre une nuit de pleine lune, bombe à la main.
Horta s'émerveille devant le grand-oeuvre de l'orbêtre, cercle noir, courbes rouges et blanches, toujours des courbes...
Horta n'a pas remarqué les space invaders, tout en carrés.
Horta en redemandera mais à présent.
Horta s'en retourne dans sa belle maison, un peu inquiet cependant : « Aimerai-je le graffiti que Pierre déposera en douce sur ma façade ? »

Cécile

*

Personnage connu

Camille avait cherché dans tout Paris son nouveau modèle, et c'est à Bruxelles qu'elle se retrouva, à la recherche de Pierre, dit aussi obes ou obetre.
Camille ne voulait que lui !
Camille voulait le sculpter, mais comment approcher ce kwai-tagueur ?
Camille connaissait tout de ses démêlés avec la justice, elle le suivait à travers la petite commune de Saint-Gilles, guidée par les graffitis qu'il peignait sur tout support à portée de main.
Camille savait que les vingt policiers de la tagothèque qui traquaient Pierre essaieraient de l'enfermer à l'asile, ce que son ex-amant souhaitait aussi faire d'elle.
Camille savait ce dernier inquiet qu'elle ne le surpasse, lui le maître.
Camille abandonné par son amant Auguste, désirait plus que tout le rendre jaloux, en sculptant son nouvel objet de désir.
Camille découvrait chaque jour de nouvelles oeuvrettes. Le feu intérieur qui la brûlait l'aiderait à réaliser sa plus belle sculpture.
Camille s'émerveillait devant les grafs, les tags et les flops de la ville.
Camille devenait forte à lire sur les églises « descends si tu es un homme ! », « pas de vie sans utopie » ou encore « feu aux prisons ».
Camille déambulait, rencontrait des cobra, kooka, fétus ou mizo qui la guidaient vers Pierre et la protégeaient des guerriers qui détroussaient les graffeurs.
Camille rêvait devant le rouge et le noir qui s'embrasaient sur le mur, 44 rue Coenraets, à la Loeuvrette Factory, et observait Pierre, il était là, tout près.

Myriam

*


Arsène a détroussé Violaine.
Arsène en chirurgien expérimenté lui à laissé le « Vi ».
Arsène aurait tout de même préféré la trousser.
Arsène a caressé un corsage orné de dentelle rouge.
Arsène aurait bien aimé dérober la poitrine qu’il y avait en dessous.
Arsène a maté tous les diamants, les brillants et autres scintillants qui lui souriaient.
Arsène n’a rien subtilisé. Promis, juré !
Arsène n’a pas craché, au cas où un trésor retord se mettrait à sa portée.
Arsène a déshabillé du regard toutes les fiancées.
Arsène a gardé celui de la fille aux bas colorés.
Arsène a envie d’un coup d’enfer, un coup osé. Ce n’est pas un bandit erzatzé.
Arsène voit une 307 approcher.
Arsène, on ne la lui fait pas, même si on est undercoveré.
Arsène joue des tours sans détours. C’est une canaille exercée.
Arsène s’est effondré sur le sol asphalté.
Arsène est ranimé par des policiers agacés.
Arsène rit encore quand il pense aux agents qu’il a dépouillés de leur véhicule et qu’il a abandonnés sur la chaussée.

Mélanie

*
*
Découverte de Bruxelles en compagnie de Georges Perec

Perec monte sur Bruxelles hors texte
Ellis Island sur Senne
Perec descend l’Albertine et le faro
Far West communautaire
Perec découvre le coït architectural
Entre la Madeleine et Saint Jean
Perec pense que Marcel n’est pas loin
Perec parodie les contrepèteries des contrefacteurs
Perec piaffe, édite, bombarde le mont des Arts
Perec entartre les siècles de désastre
Pauvre B, âme vendue aux marchands du Temple sans I, ni O
Ilot sacré ou sexe des anges ? Jeux de langues, peut-être ?

Perec arpente les galeries tous saints confondus
Perec ausculte la ville en cornet de pralines
Perec lèche les vitrines et survit au chant du Cygne
Perec tire à boulet rouge Grand-Place
Perec terrasse l’archange Michel sans O, ni U

Perec déguste les bas-fonds in texto
Bruxelles la fauve
Perec vend son âme et son corps au Roi d’Espagne
Mode d’emploi littéraire
Perec mange des crêpes
Perec goûte le gros et le gras
Entre les trois gentilshommes et la bécasse
Perec spécule et croque le spéculoos
Perec détartre son estomac en recopiant des recettes in situ

 Photo : Mar Biks

Perec ballotte le Condottiere en vitrine
Perec exhibe sa correspondance en 56 lettres
Perec amuse la galerie des Princes
Perec se la joue en muse de libraire
Tropisme broulipien ou inventaire de façades? Bruxellisation, peut-être ?

Perec monte sur ses grands chevaux pour faire la nique à la pieuse Gudule
Perec danse la gigue à la mort subite
Perec fête Bruxelles la Belle
Perec marche
Perec disparaît sans U, ni O

Michèle

Découverte de Bruxelles en compagnie d'Albert II 
 
Albert II revient d'une belle balade en Méditerranée sur son nouveau yacht avec Paola, il faut bien le rentabiliser, il n'a couté que 4,600 000 euros. Heureusement, Laurent et Claire se sont désistés la veille de leur départ.
Albert II, grâce à la complicité de son majordome préféré, a pu s'échapper du Château de Laeken pour un couple d'heures, tout cela incognito, porteur d'une barbiche noire et de lunettes de soleil.

 Photo : Marie Nihoul
Albert II a décidé de visiter la commune de Molenbeek dont il a souvent entendu parler à la télévision ou par ses conseillers, mais qu'il ne connait pas.
Albert II commence par la Maison communale. Tiens, ils ont fait comme à Laeken, ici les portraits des bourgmestres de la ville, pas ceux des rois bien entendu... sont affichés au mur. Ouh la, la, quels drôles de noms : Stevens, Meeus, Vanderkindere... Il vaut mieux s'appeler Léopold, Baudouin ou Albert décidément. Il y en a même un qui s'appelle Jean-Baptiste Débauche ou Débauché. Faut le faire...
Albert II en ai assez vu, il sort dans la rue.

Photo : Marie Nihoul
 
Que de chaussures ! Il y a de quoi prendre son pied, ici.
Que de nourriture orientale ! Est-il bien le Roi de tous ces sujets ?
Osera-til s'acheter des cornes de gazelle ?
Mais s'il montre cela à Paola, elle va surement lui cracher : "Des cornes, des cornes, tu as encore été bien inspiré, j'en ai déjà plus qu'assez !"
Que de voiles, même sur de jeunes personnes qui n'ont point la nécessité de cacher une calvitie naissante, je suppose...
Et les chemises !
Albert II tombe en arrêt devant un magasin qui a comme enseigne "Aux 100 000 chemises".
Albert II pense qu'il en a seulement 287, il les a encore recomptées cette nuit lors d'une insomnie, après un coup de fil de Philippe. Ils sont bien riches, ces gens, 100 000 chemises, il en rêve.


Benoit XVI s'arrête au pied de la Porte de Hal abasourdi devant "Ni Dieu ni maitre".
Benoit XVI médite sous le porche de la Porte de Hal devant le grabat d'un clochard.
Benoit XVI entend sa papamobile hoqueter lorsqu'il lit "Made in China".
Benoit XVI ne se tient plus lorsqu'il lit : "Ils ont écrit dans nos têtes, nous écrivons sur vos murs".
Benoit XVI imagine les portes du Vatican taguées d'irrespectueux "Nike ta mère".
Benoit XVI entrevoit le plafond de la chapelle Sixtine infecté d'insultes du genre "Descends, si tu es un homme".
Benoit XVI se recueille devant "C'est parce que ce nous avons tout que nous voulons tout le reste."
Benoit XVI a envie de piquer une pomme à l'étalage du légumier mais le cinquième commandement le lui interdit.
Benoit XVI se dit qu'heureusement les tags ont épargné l'église du Parvis.
Benoit XVI se dit que s'il osait, il poserait bien sa signature BXVI sur ses murs, rien que pour laisser une trace de son passage uniquement décryptable par les Chrétiens initiés.

                                                                                                                            Henry

 
Le Manneken Pis s'ennuie.
Le Manneken Pis s'enfuit.
Le Manneken Pis veut découvrir qui est le roi ici.
Le Manneken Pis dévale la rue Montagne de la cour.
Le Manneken Pis hésite à prendre le bus touristique pour faire un petit tour.
Le Manneken Pis renonce : que va-t-on voir si lui n'est plus là ?
Le Manneken Pis se sent tout petit – et c'est le cas de le dire.
Le Manneken Pis a peur des pigeons.
Le Manneken Pis est jaloux de la statue d'Albert : allure, fierté, ambition.
Le Manneken Pis se voit en carte postale... : revanche !
Le Manneken Pis se revoit en carte postale. Et encore une fois.
Le Manneken Pis fredonne la balade des gens heureux, soudain entendu à la radio.
Le Manneken Pis songe à rentrer, il fait un peu froid.

Amélie
 




Ecrits dans la foulée

L'habitude d'écrire ne se perd pas comme cela, du jour au lendemain.
Plusieurs participants ont encore produit des textes dans les heures qui suivirent "Bruxelles, ma belle".
 
Nouvelle contrainte :
Le poème de nuit

Après le poème de marche, le poème de tram, le poème de métro, etc., voici le poème de nuit.
Il se pratique de la manière suivante.

Le soir, vous vous mettez au lit à votre heure habituelle.
Vous disposez sur votre table de nuit quelques feuilles fixées sur un carton rigide et un crayon noir tendre (n° 0 par exemple) afin d'éviter de trop grands efforts.
Vous vous endormez normalement. Au premier rêve qui traverse votre esprit, vous entreprenez de vous réveiller.
Vous écrivez alors votre premier alexandrin inspiré de votre rêve et si possible composé de deux hémistiches équilibrés.
Si vous avez rêvé d'une dame ou d'une figure féminine, la rime s'en ressentira. L'inverse est vrai aussi.
Vous vous rendormez. À l'apparition du rêve suivant, vous pratiquez de même et ainsi de suite.
Si vous craignez de ne pas vous réveiller, vous pouvez bien entendu utiliser le réveil et le programmer avec des séquences de plus ou moins 35 minutes, ce qui vous permettra d'écrire un sonnet durant une nuit normale de 8 heures.
Si vous avez peur de ne pas rêver, vous pouvez, au moment où vous vous mettez au lit lire quelques magazines qui font rêver, par exemple, des catalogues d'agences de voyages ou des magazines présentant des stars qui font rêver, c'est écrit dans leur publicité.

Henry

J'ai écrit une "morale élémentaire" en réponse à la photo de Camille Philibert (voir page d'accueil du blogue).                      Place  bruxelloise  autos censurées  piétons autorisés.
                                                        Jaune pétant

                      Carrefour encombré  audace décidée  peinture étalée
                                                       Jaune canarisé

                      Bagnoles déroutées  piétons affairés  habitudes bousculées
                                                       Jaune jonquillé

                                                         Place Madou
                                                    C'est pas mon truc.
                                                       La mode le veut.
                                                    Les piétons font Loi
                                                         Après les Arts,
                                                       C'est comme ça.
                                                    C'est bien. M'en fous.

                                     Jaune nain  jaune soleil  jaune cocu
                                                        Jaune malin ?
                                                                                                                                           Mar


Souvenir de Schaerbeek

Cette pluie sans arrêt martelait nos échines
Nous avancions pourtant sous le grand ciel éteint
Car nous voulions les voir, ces endroits très urbains
Malgré l’humide vent et la brume très fine

Donc nous marchions vaillants, dans ce temps qui chagrine
Les rues et les maisons, jardins et magasins,
Sols en goudron mouillé et caniveaux trop pleins
Tout nous semblait mouvant, incertain, en gésine.

Marie 
Écrit par Denise Engels (une des guides du premier jour)

La mokke de Saint-Gilles
 
J. - Alleie Jef, tu vas encore une fois pas me croire, hein.
S. - Aaah non, tu vas contunuwer à m'appeler Jef.
Tu sais bien que moa, ça est Sus.
J. - Excuse-moi Sus, je sais pas ma tête... c'est à côse de cette mokke de Saint-Gilles, tu sais...
S.- Comment c'que je pourrais le savoir ?
J.- Je t'ai déjà dit qu'elle s'appelle...
S.- Aaah non !
J. - Eh ben, l'aut' soir ma moema avait préparé des crêpes, enfin allait préparer.
S.- Qu'est-ce que ta moema a à voir avec ta mokke de Saint-Gilles ?
J. - Sus, tu commences à m'énerver à m'interrompre sans arrêt.
S.- Hoelala
J. - Donc, ma moema veut préparer des crêpes et elle me dit : « Jefke...
S.- Ah, tu vois que tu t'appelles Jef.
J. - Évidemment.
S.- Tout à l'heure, ça n'était pas si évident que ça.
J. - Suske, tu m'énerves. Jef, c'est moi, Sus, c’est toi. On est d'accord ?
S.- Oeiloeioeil, ça est drol, parfois je ne sais plus si moi je suis Sus ou si c'est toi ?
J. - Alleie, c'est pas graaf', on est qua même des amis comme des frères, no ?
S.- Och woè, ça est vrai Jef, on est amis comme des frères.
J. - Donc, ma mère, elle veut un peu de bière pour ses crêpes et elle m'envoie avec la cruche chez Stanneke. Tu sais bien, là op de hoekske (1) de la chaussée de Merchtem et de la rue du Presbytère.
S.- Woè, à la Rose Blanche ou c'que ça sent toujours un peu sûr.
Exactement. Donc j'arrive avec ma cruche et je ressors avec la faro2 dedans. J'étais pressé car ma moema m'avait dit de faire vite hein, car les crêpes, ça est comme le président, ça n'attend pas. Donc, je me presse et je marche sur la bordure du trottoir et d'un coup, ma cruche envolée par le guidon du vélo de cet imbécile d'Oscar qui faisait encore une fois la course avec sa bande de snuls.
Tu parles, ma tête ! Oeïloeïloeïl, qu'est-ce que j'allais entendre... ma moema allait crier sur moi comme une folle et me traiter d'incapab'. J'avais la trouille et en plus, on n'aura pas de crêpes ce soir quand mon bompa va venir et lui ossi il sera déçu.
S.- Ouè, c'est pas drol'... mais ta mokke de Saint-Gilles là-dedans ?
J. - Eh ben, avec toute cette histoire, je sais plus. Je ne sais vraiment plus c'que je voulais te raconter.

1 Sur le coin
2 Bière typiquement bruxelloise

Denise Engels
10 avril 2012