vendredi 20 avril 2012

Ecrits dans la foulée

L'habitude d'écrire ne se perd pas comme cela, du jour au lendemain.
Plusieurs participants ont encore produit des textes dans les heures qui suivirent "Bruxelles, ma belle".
 
Nouvelle contrainte :
Le poème de nuit

Après le poème de marche, le poème de tram, le poème de métro, etc., voici le poème de nuit.
Il se pratique de la manière suivante.

Le soir, vous vous mettez au lit à votre heure habituelle.
Vous disposez sur votre table de nuit quelques feuilles fixées sur un carton rigide et un crayon noir tendre (n° 0 par exemple) afin d'éviter de trop grands efforts.
Vous vous endormez normalement. Au premier rêve qui traverse votre esprit, vous entreprenez de vous réveiller.
Vous écrivez alors votre premier alexandrin inspiré de votre rêve et si possible composé de deux hémistiches équilibrés.
Si vous avez rêvé d'une dame ou d'une figure féminine, la rime s'en ressentira. L'inverse est vrai aussi.
Vous vous rendormez. À l'apparition du rêve suivant, vous pratiquez de même et ainsi de suite.
Si vous craignez de ne pas vous réveiller, vous pouvez bien entendu utiliser le réveil et le programmer avec des séquences de plus ou moins 35 minutes, ce qui vous permettra d'écrire un sonnet durant une nuit normale de 8 heures.
Si vous avez peur de ne pas rêver, vous pouvez, au moment où vous vous mettez au lit lire quelques magazines qui font rêver, par exemple, des catalogues d'agences de voyages ou des magazines présentant des stars qui font rêver, c'est écrit dans leur publicité.

Henry

J'ai écrit une "morale élémentaire" en réponse à la photo de Camille Philibert (voir page d'accueil du blogue).                      Place  bruxelloise  autos censurées  piétons autorisés.
                                                        Jaune pétant

                      Carrefour encombré  audace décidée  peinture étalée
                                                       Jaune canarisé

                      Bagnoles déroutées  piétons affairés  habitudes bousculées
                                                       Jaune jonquillé

                                                         Place Madou
                                                    C'est pas mon truc.
                                                       La mode le veut.
                                                    Les piétons font Loi
                                                         Après les Arts,
                                                       C'est comme ça.
                                                    C'est bien. M'en fous.

                                     Jaune nain  jaune soleil  jaune cocu
                                                        Jaune malin ?
                                                                                                                                           Mar


Souvenir de Schaerbeek

Cette pluie sans arrêt martelait nos échines
Nous avancions pourtant sous le grand ciel éteint
Car nous voulions les voir, ces endroits très urbains
Malgré l’humide vent et la brume très fine

Donc nous marchions vaillants, dans ce temps qui chagrine
Les rues et les maisons, jardins et magasins,
Sols en goudron mouillé et caniveaux trop pleins
Tout nous semblait mouvant, incertain, en gésine.

Marie 
Écrit par Denise Engels (une des guides du premier jour)

La mokke de Saint-Gilles
 
J. - Alleie Jef, tu vas encore une fois pas me croire, hein.
S. - Aaah non, tu vas contunuwer à m'appeler Jef.
Tu sais bien que moa, ça est Sus.
J. - Excuse-moi Sus, je sais pas ma tête... c'est à côse de cette mokke de Saint-Gilles, tu sais...
S.- Comment c'que je pourrais le savoir ?
J.- Je t'ai déjà dit qu'elle s'appelle...
S.- Aaah non !
J. - Eh ben, l'aut' soir ma moema avait préparé des crêpes, enfin allait préparer.
S.- Qu'est-ce que ta moema a à voir avec ta mokke de Saint-Gilles ?
J. - Sus, tu commences à m'énerver à m'interrompre sans arrêt.
S.- Hoelala
J. - Donc, ma moema veut préparer des crêpes et elle me dit : « Jefke...
S.- Ah, tu vois que tu t'appelles Jef.
J. - Évidemment.
S.- Tout à l'heure, ça n'était pas si évident que ça.
J. - Suske, tu m'énerves. Jef, c'est moi, Sus, c’est toi. On est d'accord ?
S.- Oeiloeioeil, ça est drol, parfois je ne sais plus si moi je suis Sus ou si c'est toi ?
J. - Alleie, c'est pas graaf', on est qua même des amis comme des frères, no ?
S.- Och woè, ça est vrai Jef, on est amis comme des frères.
J. - Donc, ma mère, elle veut un peu de bière pour ses crêpes et elle m'envoie avec la cruche chez Stanneke. Tu sais bien, là op de hoekske (1) de la chaussée de Merchtem et de la rue du Presbytère.
S.- Woè, à la Rose Blanche ou c'que ça sent toujours un peu sûr.
Exactement. Donc j'arrive avec ma cruche et je ressors avec la faro2 dedans. J'étais pressé car ma moema m'avait dit de faire vite hein, car les crêpes, ça est comme le président, ça n'attend pas. Donc, je me presse et je marche sur la bordure du trottoir et d'un coup, ma cruche envolée par le guidon du vélo de cet imbécile d'Oscar qui faisait encore une fois la course avec sa bande de snuls.
Tu parles, ma tête ! Oeïloeïloeïl, qu'est-ce que j'allais entendre... ma moema allait crier sur moi comme une folle et me traiter d'incapab'. J'avais la trouille et en plus, on n'aura pas de crêpes ce soir quand mon bompa va venir et lui ossi il sera déçu.
S.- Ouè, c'est pas drol'... mais ta mokke de Saint-Gilles là-dedans ?
J. - Eh ben, avec toute cette histoire, je sais plus. Je ne sais vraiment plus c'que je voulais te raconter.

1 Sur le coin
2 Bière typiquement bruxelloise

Denise Engels
10 avril 2012

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